Vertige paroxystique positionnel benin



Qu'est-ce qu'un vertige paroxystique positionnel bénin ?

 

Un vertige se définit comme une sensation erronée de mouvement : le sujet a l'impression que l'espace environnant se déplace (le plus souvent tourne) autour de lui, ou que lui-même se déplace dans un environnement fixe (comme une toupie).

Le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) est une des causes les plus fréquentes de vertiges. Le VPPB représente environ 25 à 35 % des causes de vertiges.

Le VPPB est un peu plus fréquent chez la femme. Il peut survenir à tout âge, avec un pic de fréquence aux alentours de la cinquantaine.

Le VPPB est dû au détachement de petits cristaux de l'oreille interne (appelés otoconies), qui vont flotter dans les liquides de l'oreille interne et déclencher le vertige lors de certains mouvements.

 

 

Quels sont les signes d'un vertige paroxystique positionnel bénin ?

 

Le VPPB se manifeste le plus souvent par un tableau clinique caractéristique.

Le patient rapporte la survenue d’un vertige rotatoire, intense, bref (quelques secondes), déclenché par un mouvement brusque de la tête (ce mouvement est habituellement toujours le même) et se reproduisant lors du retour à la position initiale. Typiquement, ce vertige survient chez un sujet allongé au lit lorsqu'il se tourne d'un côté. En dehors de cette situation déclenchante le patient ne ressent classiquement aucun trouble.

 

Comment faire le diagnostic de vertige paroxystique positionnel bénin ?

 

La description du vertige est le plus souvent d'emblée évocatrice du diagnostic. Le médecin prendra, en outre, soin de vérifier que ce vertige caractéristique soit totalement isolé, ne s’accompagnant, en particulier, d’aucun trouble de l'audition.

Le diagnostic sera confirmé par la manoeuvre de Dix et Hallpike, qui consiste à reproduire le vertige en basculant le patient vers le côté déclenchant (le sujet, assis jambes pendantes au milieu de la table d’examen, est rapidement couché par l’examinateur vers le côté supposé atteint). La manoeuvre est positive lorsqu’elle provoque un vertige et/ou des mouvements des yeux (appelés nystagmus) que le médecin va observer. Le retour à la position assise déclenche habituellement un nouveau vertige avec inversion du nystagmus. Le vertige (ainsi que le nystagmus) est épuisable, c’est à dire qu’il diminue d’intensité si la manoeuvre est renouvelée.

 

Si le tableau clinique est parfaitement typique, il n’apparaît pas nécessaire de faire pratiquer d'examens compémentaires. Dans certains cas, le médecin pourra être amené à demander d’autres investigations complémentaires : avis ORL spécialisé, avis neurologique spécialisé, audiomgramme, explorations fonctionnelles vestibulaires, examens radiologiques ...

 

Quelles sont les causes d'un vertige paroxystique positionnel bénin ?

 

Le plus souvent, le VPPB est dit idiopathique, c'est à dire qu'il n'y a pas de cause sous-jacente pour l'expliquer.

A côté du VPPB idiopathique, le plus fréquent, on décrit des formes secondaires, où le VPPB s’intègre dans le cadre d’une autre pathologie. Parmi les principales causes de VPPB secondaire, on peut citer :

- les VPPB post-traumatiques : ils se voient habituellement dans les suites précoces d’un traumatisme crânien

- les VPPB accompagnant certaines maladies de l'oreille (otospongiose, maladie de Ménière)

- les VPPB post-opératoires (en particulier après chirurgie de l’oreille).

 

 

Quelle est l'évolution d'un vertige paroxystique positionnel bénin ?

 

En l’absence de traitement l’évolution se fait par crises qui se répètent sur une période de quelques semaines. Progressivement les crises deviennent moins intenses et moins fréquentes (phénomène d’épuisement), jusqu'à disparition. Très rarement les crises peuvent devenir subintrantes réalisant un état de mal vertigineux.

Le traitement par la manoeuvre thérapeutique que nous décrirons plus loin permet d’obtenir un taux de guérison dans plus de 80 % des cas. Ce taux s’élève à plus de 90 %, lorsqu’une seconde manoeuvre est nécessaire une semaine plus tard.

 

Quel est le traitement d'un vertige paroxystique positionnel bénin ?

 

Le traitement du VPPB repose essentiellement sur la réalisation d’une manoeuvre kinésithérapique (qui peut être effectuée par un médecin ou par un kinésithérapeute). La plus fréquemment pratiquée est la manoeuvre libératoire de Sémont. Elle s’effectue immédiatement après la manoeuvre diagnostique. Le patient, couché du côté atteint, va être rapidement retourné sans modifier la position de la tête, pour se retrouver couché du côté sain. L’apparition après quelques secondes de latence d’un vertige rotatoire (ainsi que d’un nystagmus) atteste habituellement de l’efficacité de la manoeuvre. On conseillera au patient d’éviter les mouvements brusques pendant quelques jours. Une deuxième manoeuvre thérapeutique doit parfois être effectuée quelques jours plus tard chez certains patients.

La manoeuvre dite d'habituation peut également être conseillée chez certains patients présentant des récidives de VPPB. Elle consiste à s'asseoir sur le bord du lit et à se coucher plusieurs fois de suite sur le côté déclenchant. Le vertige va survenir, mais va progressivement s'épuiser jusu'à disparaitre.






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