POSTUROLOGIE

"La démarche de Posturologie est d'utiliser une batterie de tests cliniques (Fukuda, Romberg postural.) agrémentés de variations concomitantes (Yeux ouverts/yeux fermés, bouche ouverte/bouche fermée dents en intercuspidation, pieds sur sol dur/sur mousse...) pour mettre en évidence les conséquences physiques (asymétries toniques, pseudo membre court, bascules/rotations de ceintures, fausse limitation d'amplitude articulaire, asymétrie crânio-faciale, défaut de convergence oculaire.) d'une/de perturbation(s) des boucles de régulation du contrôle posturo-cinétique.
La posturologie a pour cible un Homme qui a du mal à se tenir debout; l'orthopractie le laisse debout pour respecter et utiliser la neurophysiologie. Le contexte environnemental est le même : clinique posturologique et orthopractie sont fondamentalement liées.

En France, six millions de patients consultent chaque année leur médecin parce qu'ils ont mal au dos.. Leur origine en est discutée et elle est probablement multifactorielle, mais il faut se souvenir à ce sujet:
1) que la première nécessité humaine est de disposer d'un certain tonus résister à la gravité
2) qu'au plan vertébral les muscles axiaux antigravitaires sont aussi ceux qui tiennent les vertèbres.

C'est une évidence d'écrire que l'Homme est un bipède au cerveau perché.

Comment arrive t'il à résoudre une équation aussi difficile avec une extrémité céphalique portée par une chaîne polyarticulée complexe oscillant sur une surface d'appui limitée.

Cet exercice ne peut être que le fruit d'une organisation neurologique complexe. Le cerveau ne travaille pas comme un ordinateur sur de l'information pure, mais sur le sens qu'il peut et/ou veut lui donner.
Si nous voulons exister en tant qu’homme, nous devons donc connaître à tout moment les positions relatives des différentes parties de son corps les unes par rapport aux autres et la position de son corps dans l'environnement afin de stabiliser et orienter le corps dans l'espace avec un maximum de fiabilité et un minimum de coût énergétique. Le cerveau est alors libre de se consacrer à la meilleure exécution possible du répertoire de tâches.
Il nous est donc indispensable d’analyser le poids fonctionnel des trois boucles neuronales impliquées dans la régulation du contrôle postural : boucle visuelle, boucle vestibulaire, boucle somesthésique.

L'oeil (vision rétinienne centrale et périphérique) détermine la verticale visuelle subjective. Il présente cependant l'inconvénient de tourner dans l'orbite et reçoit donc le renfort du système vestibulaire pour stabiliser l’œil dans la cavité orbitaire et l’image sur la rétine.

Extéroception(peau) et proprioception (muscles, tendons, articulations..) informent le cerveau sur la situation du corps par rapport au couple oeil-labyrinthe.

Graviception viscérale abdominale, proprioception fasciale et dure-mèrienne concourent à donner au SNC une appréciation de la situation du corps par rapport à la verticale de gravité et par rapport au couple oeil-labyrinthe.

Ce qui est intéressant pour nous : des travaux récents laissent entendre qu'il est vraisemblable que la peau joue un rôle largement sous-estimé: peau de la plante du pied dans l'orientation spatiale du corps (Kavounoudias, Roll) peau périarticulaire et périmusculaire dans le codage des degrés de liberté articulaire (Moberg, Edin, Olausson..). Rabischong allant même jusqu'à dire que peau et vision suffisent à se tenir debout. 


Si les informations sensorielles sont cohérentes, le système est équilibré et vit en économie d’énergie, il peut alors se libérer pour effectuer des tâches cognitives. (C'est comme ça que vous pouvez lire le journal en marchant dans la rue sans s'occuper de la façon dont les pieds se posent sur le sol)
Si le poids de ces informations perturbent l’équilibre postural, la somesthésie se charge de trouver des stratégies de compensation, coûteuses en énergie, perturbant de ce fait les capacités cognitives de l’individu. L’apprentissage de la vie peut s’en trouver perturber et entre autre, l’apprentissage scolaire ; Chez l'enfant en maturation, les différentes stratégies ne peuvent se mettre normalement en place et peuvent perturber le développement morphologique, jusqu’à y ajouter des défauts d'apprentissage par baisse de performance.
Chez l'adulte, les stratégies acquises perdent leur qualité, les compensations disparaissent: l'appareil musculosquelettique peut se mettre à souffrir. 

 Concrètement, le cerveau s'adapte aux conflits sensoriels et se sert de nouvelles stratégies posturo-cinétiques moins performantes et beaucoup plus coûteuses en énergie. Le pire est que peu de gens peuvent s'en rendre compte sauf à ne pas « se sentir droit ».

On peut voir facilement apparaître « le Syndrome de déficience posturale » (S.D.P), décrit par  (Dr M. Da Cunha)
Troubles du tonus musculaire
Troubles du tonus vasculaire
Troubles neurosensoriels
Troubles de la somatognosie
Troubles des apprentissages intellectuels
Troubles du système limbique

Il apparaît aujourd'hui plus que probable que la « lésion structurelle » doit être, dans une très large majorité de cas, considérée comme la résultante d'un défaut de codage des informations neurosensorielles par le SN et non le contraire : « le mou et sa commande précèdent le dur »

On a rarement vu des os bouger tout seuls, ou encore deux os formant une articulation être auto stables... ?

En privilégiant un travail en amont sur l'élaboration de la fonction, l'orthopractie prend indéniablement un temps d’avance sur toutes les manipulations structurelles mais aussi sur l’énergétique ou les diverses réflexothérapies.

La posturologie n'est pas un moyen de traitement mais un outil pour peser les variations du tonus postural d'un individu au moment T et dans un contexte environnemental donné." J.L SAFIN

 

Christophe PREUILH, Kinésithérapeute et Ostéopathe à VICHY (Bellerive sur Allier)